« Aman Iman : l’Eau c’est la Vie »


C’est ce que j’ai avant tout retenu de mon premier séjour humanitaire au Niger en 1998. Et c’est là que je suis tombée amoureuse d’un pays, d’un peuple et de la culture Touaregue.

Je me suis documentée sur le pays, lu des livres sur les hommes bleus. En 2002 je suis retournée, dans le nord du pays à Agadez, Tchirozérine, puis dans un village dans la brousse à la rencontre d’un peuple démuni, oublié mais d’une dignité et d’une grande sagesse «  les hommes bleus ». Leur venir en aide, donner les moyens de buser un puits qui est creusé à mains nues à parfois plus de 20 m de profondeur pour permettre de faire du maraîchage et là encore « Aman iman ». Les années qui ont suivies jusqu’en 2011 j’ai toujours rencontré cette générosité , cette hospitalité malgré la rudesse de leur vie. Pour ce peuple, jadis nomade, maintenant souvent sédentarisé ou semi-sédentarisé il est urgent de leur venir en aide. Les problèmes sont nombreux: la malnutrition, la scolarisation, la santé, la sensibilisation à l'hygiène, le travail, etc...

Depuis 1998 je sais que « L’engagement rend heureux »

Le projet de mémoires de femmes m’a immédiatement séduit car il donne un début de réponse

L’amitié qui me lie à Agadez est grande, et depuis le circuit de 2007 elle ne s’est que renforcée.

Il est utile de tendre la main et cet échange nous enrichit tous, la connaissance de l’autre a cela d’extraordinaire.

Ce qui est important c’est de réfléchir ensemble au moyen de développement durable tout en préservant le sens de la solidarité et de l’entraide qui ont, hélas, trop tendance à disparaître dans nos sociétés occidentales


-  Faut-il qu’un peuple disparaisse pour savoir qu’il existe ?  – Mano Dayak -


Esther


Découvrir le continent Africain en commençant par le Niger ne va pas de soi. Et si j’y suis allé en 2010, c’est moins par choix que par opportunité. Faire un raid dans le désert avec des guides Touaregs ne se refuse pas. En plus si cela pouvait me permettre de comprendre l’engouement de ma sœur pour un pays que j’avais du mal à situer sur une carte…

Si les bivouacs dans les dunes, à manger de la Togala avec comme toile de fond des dromadaires passant devant le soleil couchant, restent gravés en moi comme une carte postale, c’est la rencontre avec la population qui m’a le plus marqué. La dignité, dans le dénuement total, de ce peuple a forcé mon admiration et a remis à zéro les compteurs étalonnés par ma vie occidentale.

Leur venir en aide est une forme de pensée qui s’est progressivement installée en moi, probablement inspirée par la passion affective pour les Nigériens qui se développait chez mon épouse.

Confucius a dit : « si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera tous les jours ».

Je suis convaincu que le salut de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur, mais par les Africains eux-mêmes. Pour cela il faut qu’ils aient (entre autres) accès à l’enseignement, qu’ils puissent se nourrir et qu’ils soient acteurs de leur autonomie.

Le projet de ferme à spiruline répond aux deux derniers critères. De part son fonctionnement, il en devient même équitable, écologique et humanitaire.


Le chemin pour arriver au bout de ce projet va être long et semé d’embuches. Mais, en le parcourant, on y rencontre tellement de personnes formidables qu’il n’en devient que plus beau.


Patrick


Le continent africain ne m’a jamais laissé insensible. J’y ai foulé son sol à plusieurs reprises dans les pays comme le Togo, le Bénin, le Burkina-Faso, la Guinée, le Kenya et certains pays du Maghreb. En 2007, me voilà partie cette fois au Niger pour un circuit dans le grand Ténéré.

J’ai ainsi rencontré différentes ethnies et découvert leurs coutumes et cultures, leurs musiques et danses qui les caractérisent. J’ai côtoyé la pauvreté, l’insalubrité, les maladies, mais ce que je retiens en priorité c’est : la joie, le sourire, la communication, la solidarité, le bonheur dans la simplicité.

Depuis ma première venue au Niger, j’ai été particulièrement attirée par le peuple Touareg. Ces hommes bleus à l’allure fière, qui bravent les grands espaces et savent reconnaître leur chemin là où nous ne voyons qu’une immensité sablonneuse.

Dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, notamment  dans le Nord le climat est très aride, la malnutrition sévit et les maladies s’installent. Cette région est oubliée et  abandonnée du reste du monde. Plus aucun touriste, d’ONG ou d’aides diverses ne viennent là-bas à cause de l’insécurité rendue notable par les médias.

Ma sensibilité et ma disponibilité m’ont poussé à œuvrer dans l’humanitaire depuis 2007. Je suis alors retournée chaque année au Niger où je me suis impliquée dans la réalisation de maraîchage, d’entretien d’écoles. Je ne me sens ni l’envie, ni le droit de les abandonner maintenant, au moment où ils ont le plus besoin de nous.  Je veux continuer à œuvrer pour ces gens. C’est donc avec une grande motivation et de l’enthousiasme que j’adhère au projet de combattre la malnutrition par la construction d’une ferme à spiruline. Je fais ainsi volontiers partie de l’équipe de l’association Mémoires de Femmes.

On me dit souvent qu’on peut aussi faire de l’humanitaire en France. Je suis d’accord. Mais, chez nous, les aides sont mieux organisées. J’aime voyager, découvrir d’autres pays, d’autres cultures, et lorsque mon voyage devient une mission, il prend pour moi une autre dimension et un autre sens. Je ne pense plus à moi-même, mais à l’aide et au soutien que je peux essayer d’apporter aux habitants. Le peu que je puisse donner, c’est déjà beaucoup pour celui qui reçoit et cela me rend heureuse.

Je ne peux donc qu’acquiescer cette phrase de Théodore Monod : « Le peu, le très peu que l’on peut faire, il faut le faire quand même. »



Solange


parce que la famine,la maladie, les nomades qui s’en soucie ?

parce que la spiruline existe depuis la nuit des temps,mais on l’a oubliée, dans nos pays si sophistiqués,

parce que c’est un très beau projet, pas si difficile à concrétiser, tout compte fait,

et que d’expérience je crains qu’après l’espoir, le geste retombe, il faut le nourrir lui aussi, d’objectifs sans cesse renouvelés, même minuscules,

parce que j’ai une expérience dans les domaines de la rentabilité et la conduite de projet,

que ces méthodes-là peuvent aussi s’appliquer à l’humanitaire et à l’Afrique,

pour que la ferme ait une longue vie, elle aussi !



Danièle



Pourquoi me suis-je engagée dans la projet de la ferme à spiruline ? Je ne savais même pas ce que c’était !

Quand j’ai dit «oui» à la Présidente c’était en me disant que j’y participerais de loin, mais au fur et à mesure on s’implique d’avantage et on s’imagine le sourire des gens à qui nous venons en aide et on s’engage encore plus, on donne de son temps, de son énergie.

Une chose est sûre, en aidant les autres, égoïstement je me viens en aide; car à travers les différentes actions je suis amenée à rentrer en contact avec des gens, à m’investir différemment, moi qui suis plutôt réservée.

C’est une belle aventure qui s’offre à moi, une aventure qui me permet de rencontrer des gens fantastiques, de culture différente qui aiment leur pays et nous le font partager. J’apprécie cela.


Une aventure qui me permet de grandir.


Michèle

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En Février 2010, je suis partie d’Alsace sans grande conviction vers l’inconnu : l’Afrique , un continent que je ne connaissais pas. J’ai eu la chance de visiter beaucoup de pays, mais en arrivant au Niger je suis tombée amoureuse de ce peuple et de leur pays.

Il y avait quelque chose que je ne m’explique pas encore, mais j’avais l’impression de connaître ce pays. Pourtant tout était nouveau et très différent de la France: les habitations, les routes, les moyens de locomotion, la chaleur, le sable, l’effervescence autour de moi. Un grand choc néanmoins je m’y sentais bien, très bien…


Ni les 1000km parcouru en mini-bus inconfortable sur du « goudron » mal entretenu, ni les arrêts « chap-chap **», ni les sanitaires inexistantes, ni l’eau chaude à boire n’arriveront à me décourager.


Du choc est né un véritable déclic : ainsi le contact de la population, leurs sourires, leurs mains tendues vers moi m’ont touché et m’ont donné là une belle leçon de vie. L’amour est universel et je ne peux rester insensible à leur bonheur dans cette grande pauvreté.

Notre circuit touristique sera écourté par le coup d’Etat, mais pour moi aucune déception, je réalise que j’ai la chance de côtoyer les Nigériens au jour le jour.


Mais beaucoup de choses me désolent depuis mon arrivée. Les déchets envahissants, la pauvreté des gens, la misère, les oasis mal exploitées par manque de moyens et de ressources. Il me fallait réagir et surtout agir et c’est ainsi que l’idée d’une ferme à spiruline a germé, pour lutter contre cette malnutrition , notamment des enfants, mais également des femmes enceintes et allaitantes ainsi que des malades et vieillards.

Ici tous les ingrédients sont réunis pour démarrer ce projet : le soleil, l’eau (en petite quantité, mais largement suffisante), la volonté et la motivation des touaregs que nous connaissons.


Notre association a vu le jour le 31 janvier 2011. Epaulée par de nombreux membres de ma Famille et Amis, tous bénévoles, actifs et très engagés pour la même cause, nous nous mobilisons afin d’obtenir des fonds pour démarrer notre projet et le rendre pérenne.


Sylvie

Témoignages